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La politique monétaire

La Banque du Canada a pour mandat de mener la politique monétaire de manière à favoriser la prospérité économique et financière des Canadiens. À cette fin, elle contrôle la monnaie et le crédit afin de préserver la valeur (ou le pouvoir d'achat) du dollar canadien.

La politique monétaire a pour objet de maintenir l'inflation à un niveau bas, stable et prévisible

L'expérience nous enseigne que la meilleure façon d'accroître la confiance dans la valeur de la monnaie et de contribuer à la bonne tenue de l'économie et à la hausse du niveau de vie de la population est de maintenir l'inflation à un niveau bas, stable et prévisible à moyen terme. En ce sens, un niveau d'inflation bas n'est pas une fin en soi, mais le moyen d'assurer une économie stable qui fonctionne bien.

Un taux d'inflation bas et stable est important parce qu'il établit les conditions propices à une croissance régulière, vigoureuse et durable de la production, de l'emploi et des revenus. Il donne aux Canadiens une plus grande confiance dans l'avenir et leur permet de prendre de bonnes décisions économiques. Plus particulièrement, il encourage l'investissement à long terme qui contribue à la croissance économique, à la création d'emplois et aux gains de productivité de longue durée, indispensables à l'amélioration de notre niveau de vie. Parmi ses autres avantages, un niveau d'inflation bas préserve le pouvoir d'achat des Canadiens à revenu fixe, tels que les retraités.

Les rouages de la politique monétaire

Au coeur de la politique monétaire du Canada se trouve la cible de maîtrise de l'inflation, que la Banque et le gouvernement du Canada ont établie conjointement en 1991. La cible actuelle est de 2 %, soit le point médian d'une fourchette de maîtrise de l'inflation qui va de 1 à 3 %, l'inflation correspondant au taux d'augmentation sur douze mois de l'indice des prix à la consommation (IPC global).

La Banque du Canada met en oeuvre la politique monétaire en modifiant le taux directeur, c'est-à-dire le taux cible du financement à un jour. Ces modifications exercent un effet sur l'économie et sur le niveau des prix par la voie du « mécanisme de transmission de la politique monétaire ». Les changements apportés au taux directeur se transmettent par plusieurs canaux pour déterminer le niveau de la demande et des dépenses totales dans l'économie.

Un changement apporté au taux directeur se répercute en premier lieu sur l'éventail complet des taux d'intérêt du marché fixés par les institutions financières, et a donc des conséquences sur les coûts d'emprunt des consommateurs, des acheteurs d'habitation et des entreprises aussi bien que sur les taux d'intérêt des dépôts bancaires, des certificats de placement garanti et des autres instruments d'épargne. De façon générale, une baisse des taux d'intérêt incite les gens à réduire leur épargne et à augmenter leurs emprunts et leurs dépenses, tandis qu'une hausse a l'effet contraire.

Les modifications du taux directeur peuvent aussi influer sur les prix des actifs, par exemple les obligations, les actions et les maisons, faisant ainsi augmenter ou diminuer la richesse des ménages, ce qui, selon le cas, encourage ces derniers à dépenser ou les en dissuade. Une diminution du taux directeur du Canada par rapport à celui d'autres pays peut aussi rendre les actifs libellés en dollars canadiens moins attrayants pour les investisseurs, ce qui risque de réduire le taux de change du dollar canadien; par contre, une hausse pourrait faire augmenter l'intérêt que les investisseurs portent à ces mêmes actifs, et il pourrait en résulter une appréciation du dollar. Une dépréciation du dollar canadien stimulerait les exportations et limiterait les importations, alors qu'une appréciation aurait l'effet inverse.

Au bout du compte, une diminution des taux d'intérêt devrait stimuler la demande de biens et de services. Cependant, si la demande augmente au point de dépasser la capacité de production du pays, le taux d'inflation excédera constamment la cible. La Banque devra alors relever le taux directeur afin de freiner les dépenses et de ramener l'inflation à la cible.

La politique monétaire du Canada est symétrique et prospective

La politique monétaire du Canada intervient de façon symétrique autour de la cible d'inflation. En d'autres termes, la Banque se préoccupe autant d'un taux d'inflation qui dépasse la cible que d'un taux qui lui est inférieur, et elle fera le nécessaire, selon le cas, pour freiner ou encourager la demande et ramener l'inflation à la cible de 2 %.

Il faut prévoir un certain temps, c'est-à-dire entre 18 et 24 mois, pour que l'effet des interventions en matière de politique monétaire (les modifications du taux directeur) chemine dans l'économie et s'exerce pleinement sur l'inflation. C'est pourquoi la politique monétaire doit toujours avoir une orientation prospective. Ainsi, la Banque doit fixer le taux directeur en se fondant sur le taux d'inflation qu'elle prévoit dans un horizon de 18 à 24 mois plutôt que sur le taux actuel.

La Banque réévalue les perspectives d'évolution de l'économie et de l'inflation avant chaque décision qu'elle prend concernant le taux directeur (ce qu'elle fait huit fois par an). À cette occasion, elle examine à la loupe les données sur l'économie recueillies depuis la dernière annonce du taux directeur et évalue cette information avec, pour point de mire, la cible d'inflation.

Mai 2010