« Les récents événements ont marqué un tournant décisif. Une restructuration massive et soutenue de l'économie mondiale s'est amorcée. Le Canada entame cette période muni de nombreux atouts, mais les efforts qu'il nous faudra consentir seront sans précédent. »
Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada,
le 28 septembre 2009
Victoria (Colombie-Britannique)
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La reprise est en cours au Canada, après deux années marquées par la plus grave crise financière et économique mondiale à survenir depuis la Grande Dépression. Le retour à la croissance est soutenu par les interventions de politique monétaire de la Banque du Canada (qui a amené les taux d'intérêt à des creux inégalés), les mesures de relance économique du gouvernement ainsi que l'augmentation de la richesse des ménages, l'amélioration des conditions financières, le renchérissement des produits de base et le regain de confiance de la part des entreprises et des consommateurs.
Après s'être fortement contractée durant les neuf mois qui ont précédé juin 2009, l'activité au Canada a enregistré des gains modestes au troisième trimestre (de juillet à septembre). La demande intérieure a connu une vive expansion, mais la croissance globale s'est ressentie de la faiblesse des exportations nettes (principalement en raison d'une hausse marquée des importations). Le marché du travail a également montré des signes d'amélioration récemment. La Banque prévoit encore un repli de l'économie pour l'ensemble de l'année, mais elle s'attend à ce que la croissance s'enracine plus solidement en 2010 et à ce que l'inflation revienne à la cible de 2 % au deuxième semestre de 2011.
L'inflation mesurée par l'indice global des prix à la consommation a très légèrement augmenté (de 0,1 point de pourcentage) entre octobre 2008 et octobre 2009, ce qui est largement conforme aux projections de la Banque, mais bien en deçà du taux de 2 % qui constitue sa cible de maîtrise de l'inflation. La situation tient en grande partie au recul des prix de l'énergie et à l'ampleur de la marge des capacités de production excédentaires (inutilisées) dans l'économie. Cette marge, appelée « écart de production », devrait être résorbée au second semestre de 2011, de sorte que l'inflation devrait retourner au taux visé de 2 %.
Le maintien de l'inflation au taux cible est le principal objectif de la Banque du Canada. La Banque influe sur l'inflation au pays en relevant ou en abaissant son taux directeur, le taux cible du financement à un jour. Ce taux est celui auquel la Banque s'attend que les institutions financières s'emprunteront ou se prêteront des fonds pour une durée d'un jour. Les variations du taux directeur se répercutent sur les autres taux d'intérêt dans l'économie et contribuent à freiner ou à stimuler l'activité au besoin, arrimant ainsi l'inflation au taux visé.
Comme toujours, la projection de la Banque pour l'économie et l'inflation comporte des risques. Du côté des risques à la hausse, la demande mondiale et la demande intérieure pourraient s'avérer plus fortes que prévu. Du côté des risques à la baisse, il se pourrait que la reprise mondiale soit plus lente et plus faible qu'escompté et qu'une vigueur persistante du dollar canadien ait une incidence sur la croissance économique.
C'est à travers le prisme de la réalisation de la cible d'inflation que la Banque examine l'ensemble des variables économiques, dont le taux de change. Lorsque le dollar canadien s'apprécie, il devient plus difficile pour le pays fortement tributaire des exportations qui est le nôtre de vendre ses produits à l'étranger, en particulier sur les grands marchés américains, et il devient moins coûteux d'acheter des produits importés au lieu de ceux fabriqués au Canada. La Banque a averti qu'une vigueur persistante du dollar pourrait exercer un effet modérateur prononcé sur la croissance et le retour à la cible d'inflation.
Au cours des deux dernières années, la Banque du Canada a pris plusieurs mesures en vue d'atténuer les tensions financières, de stimuler l'activité économique et de ramener l'inflation au taux cible.
Dans une perspective d'avenir, il est important de reconnaître ce qui suit :
Les initiatives que les décideurs publics canadiens ont prises pour faire face à la crise financière et économique l'ont été de concert avec d'autres grands pays du G8 et du G20 afin de stimuler la demande et de maintenir les flux du crédit. Des réformes ambitieuses à long terme sont aussi en voie d'élaboration à l'échelle internationale et ont pour but de renforcer les systèmes financiers nationaux par la réduction des risques systémiques.
La reprise a beau être en cours au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde, il reste que les améliorations résultent en grande partie des mesures de relance exceptionnelles engagées par les autorités, c'est-à-dire des taux d'intérêt historiquement bas et des dépenses publiques élevées.
« À moyen terme, un transfert difficile devra s'opérer : la croissance devra être favorisée par le secteur privé et non plus par le secteur public », a soutenu le gouverneur Carney dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Grand Victoria en septembre 2009. « À long terme, la restructuration fondamentale dont fera l'objet l'économie mondiale rendra la conjoncture économique difficile », a-t-il ajouté.
Les renseignements les plus récents concernant les interventions, les politiques et les prévisions de la Banque se trouvent dans les communiqués, les discours, les publications ainsi que dans d'autres sections du présent site.